1. Quel est votre rôle en tant que coordinatrice de vie sociale et culturelle au sein de la résidence ?
Mon rôle en tant que coordinatrice de vie sociale et culturelle est de piloter toute la vie sociale et culturelle de la résidence Les Tamaris. Nous avons des objectifs récréatifs pour que les résidents puissent s’amuser, mais aussi des objectifs éducatifs et pédagogiques. Cela inclut le maintien et la création de liens entre les résidents, leurs familles, et l’extérieur.
Un autre aspect important est de maintenir l’autonomie et l’indépendance des résidents en stimulant leurs capacités cognitives, intellectuelles, sensorielles, et physiques à travers diverses activités.
Les activités corporelles
Parmi les différentes activités proposées à la résidence, on retrouve les activités corporelles. Elles se déroulent généralement le matin, quand les résidents sont plus en forme.
Voici notre programme d’activités hebdomadaire :
- Lundi : Sessions d’équilibre sur la Wii, un exercice de psychomotricité
- Mardi : Séances de psychomotricité
- Mercredi : gym tonique en position assise
- Autres jours : Activités sportives et ludiques comme le jeu de pétanque en été
Ces activités sont collectives, favorisant ainsi la socialisation.
Les activités créatives
En ce qui concerne les activités créatives, nous mettons en place à la résidence :
- Des ateliers de bricolage pour préparer des décorations pour les fêtes comme Pâques et Noël
- Un atelier de dessin où les résidents apprennent des techniques en académie. Cet atelier est très gai et permet de découvrir et de s’exprimer à travers le dessin, sans besoin de savoir dessiner
- Des ateliers de peinture avec les unités dédiées, utilisant pinceaux et couleurs pour s’amuser
Les activités sociales et culturelles
Nous avons diverses interventions de personnes extérieures sur des sujets culturels.
Nous avons comme activités sociales et culturelles :
- Une journaliste qui vient une fois par mois pour une présentation sur un sujet actuel, comme James Ensor
- Des projections de reportages
- Des ateliers d’écoute musicale animé par un résident
- Des ciné-clubs
- Une bibliothèque gérée par les résidents
- Un concert au moins une fois par mois
Nouveau…
En cette fin du mois de mai 2024, nous avons mis en place un atelier Philo baptisé Babbel café avec pour premier thème « Choisit-on d’être heureux ? » . L’idée, c’est comme au comptoir d’un bar, philosopher légèrement de sujets profonds et profondément de sujets légers.
Ces activités permettent aux résidents de socialiser autour de sujets culturels.
*Babeler en bruxellois signifie « papoter » « parler »
Les activités extérieures
Les activités extérieures à la résidence comprennent :
- Des sorties au théâtre
- Des visites d’expositions d’art contemporain et de musées comme celui de l’Afrique centrale, et des floralies
- Des promenades dans les parcs
- Des sorties shopping mensuel avec les résidents. Ils apprécient beaucoup ce temps
Je suis enthousiaste à l’idée de développer davantage de projets pour enrichir la vie sociale et culturelle des résidents.
2. Comment êtes-vous devenu coordinatrice de vie sociale et culturelle à la résidence les Tamaris ?
parcours
J’ai une licence en journalisme et communication, et j’ai travaillé pendant plus de 20 ans en tant que responsable communication dans l’économie sociale. Mon travail consistait principalement en la rédaction, le conseil en communication, et l’organisation d’événements. J’ai écrit de nombreux articles pour des revues internes et des clients, et j’ai toujours eu une forte envie de travailler sur le terrain, non seulement avec les entrepreneurs, mais aussi avec leur public cible, notamment des personnes en insertion socioprofessionnelle ou avec un handicap.
En 2016, j’ai décidé de changer d’orientation professionnelle et j’ai repris des études pour obtenir un bachelier en éducation spécialisée en accompagnement psychoéducatif. Ces études ont duré 3 ans et demi. Après cela, j’ai travaillé pendant 1 an dans un centre d’hébergement pour enfants placés par les services de protection de la jeunesse. Cependant, mon objectif a toujours été de travailler en maison de repos. D’ailleurs, mon travail de fin d’études portait sur « Le rôle de l’éducateur spécialisé en maison de repos ».
Quand j’ai vu que la résidence Les Tamaris à Evere recherchait un éducateur spécialisé pour un poste de maîtresse de maison, j’ai tout de suite postulé. Mon expérience en gestion de projet, mes compétences communicationnelles et mon diplôme d’éducatrice spécialisée correspondaient parfaitement au profil recherché. J’ai travaillé pendant un an et demi dans une unité dédiée en tant que maîtresse de maison.
Cela m’a permis de bien connaître le travail de l’intérieur. Lorsque le poste de coordinatrice de vie sociale et culturelle est devenu vacant, j’ai postulé immédiatement. C’était exactement ce que je voulais faire : un travail éducatif à plein temps sans les responsabilités de gestion de personnel.
EXERCER DANS LE SECTEUR DU GRAND ÂGE
J’ai toujours eu une proximité particulière avec les personnes âgées. Ayant grandi avec mes grands-parents, qui ont été des figures fondamentales dans mon éducation, j’ai toujours eu une forte affinité avec elles et une profonde admiration pour la richesse de leur vie et de leurs expériences.
Les questions intergénérationnelles m’ont toujours intéressée. Même à l’université, j’ai fait un stage dans un musée qui organisait des activités intergénérationnelles.
3. Quelle différence faites-vous entre une coordinatrice de vie sociale et culturelle et une animatrice ?
Pour moi, il y a une différence entre coordinatrice de vie sociale et culturelle et une animatrice. En effet, l’animateur se concentre sur les activités ludiques pour occuper et divertir les résidents. En tant que coordinatrice de vie sociale et culturelle, je vise des objectifs plus larges. Chaque activité est choisie et adaptée pour répondre aux besoins des résidents, qu’ils soient exprimés ou non, et pour stimuler diverses compétences.
La principale différence réside dans les objectifs et l’approche des activités proposées. Un animateur se concentre souvent sur l’aspect ludique et récréatif des activités. Il s’agit de divertir les résidents et de leur offrir des moments agréables. Ce n’est pas une mauvaise chose, mais l’animateur vise principalement à occuper les gens et à leur faire plaisir à travers diverses activités.
En tant que Coordinatrice de Vie Sociale et Culturelle (CVSC), mon rôle va bien au-delà du divertissement. En réalité, chaque activité que je propose a un but spécifique et est choisie en fonction des besoins des résidents. Je sélectionne et adapte les activités pour atteindre des objectifs éducatifs et sociaux.
Comme exemple…
Lorsque je propose une activité de psychomotricité, ce n’est pas seulement pour que les résidents bougent, mais aussi pour stimuler leurs capacités motrices, cognitives, et sensorielles. Je prends en compte leurs différents besoins.
- Lorsque je sais qu’un résident a des difficultés avec la motricité fine, je vais alors lui proposer des activités qui l’aideront à travailler cette compétence spécifique
- Si un autre résident a tendance à se renfermer, je vais chercher à l’encourager à participer à des activités qui favorisent les interactions sociales
Mon approche est holistique. Chaque activité est pensée pour apporter des bénéfices multiples : maintien de l’autonomie, stimulation cognitive, renforcement de l’estime de soi, et création de liens sociaux. Je ne fais pas une activité pour l’activité en elle-même, mais pour tous les apports qu’elle peut offrir aux résidents. Mon objectif est de créer un environnement où chaque résident peut s’épanouir et rester actif, tant physiquement que mentalement.
4. Sur quels critères vous basez-vous pour évaluer les animations proposées ?
Pour évaluer les animations proposées, je me base sur plusieurs critères. Tout d’abord, j’observe l’ambiance générale du groupe pour détecter une atmosphère positive et participative.
Ensuite, je prête une attention particulière aux résidents ayant des besoins spécifiques en évaluant leur niveau d’engagement et d’interaction. De plus, j’interprète les réactions comportementales pour comprendre l’impact de l’activité sur chacun. Par ailleurs, je recueille directement le feedback des résidents à la fin de chaque activité pour ajuster les futures propositions selon leurs préférences.
Enfin, pour les résidents ayant des besoins particuliers, je rédige des rapports détaillés afin d’adapter les activités à leurs besoins, tout en tenant des réunions d’équipe et des commissions d’animation pour inclure les suggestions et les avis des résidents.
5. Réalisez-vous des activités en fonction des demandes des résidents ?
Bien sûr ! je réalise des activités en fonction des demandes des résidents. Tout d’abord, je prends en compte leurs demandes individuelles lorsqu’ils viennent me voir directement avec des suggestions ou des souhaits spécifiques.
Ensuite, Nous organisons des commissions d’animation où tous les résidents peuvent participer et faire part de leurs idées et de leurs préférences pour les activités. Ces réunions permettent de :
- Recueillir des avis collectifs
- Discuter des améliorations possibles pour les activités proposées
En fonction de ces retours, j’intègre les suggestions des résidents dans la mesure du possible, en veillant à ce que les activités bénéficient au groupe en général. Pour ce qui est des suggestions individuelles, lorsqu’un résident m’exprime son souhait de faire une promenade dans le parc, j’informe le kinésithérapeute de la résidence Les Tamaris, qui peut alors organiser une petite promenade en extérieur dans le cadre de ses activités avec ce résident.
Enfin, je collabore avec d’autres professionnels de la résidence, comme les maîtresses de maison et les kinésithérapeutes, pour répondre aux besoins individuels des résidents.
Comme exemple…
Pour des demandes spécifiques de bien-être, je dirige le résident vers la maîtresse de maison qui organise des activités de relaxation.
Cette approche permet de garantir que les activités proposées répondent aux attentes et aux besoins des résidents, tout en favorisant le bien-être de chacun.
- 1. Quel est votre rôle en tant que coordinatrice de vie sociale et culturelle au sein de la résidence ?
- 2. Comment êtes-vous devenu coordinatrice de vie sociale et culturelle à la résidence les Tamaris ?
- 3. Quelle différence faites-vous entre une coordinatrice de vie sociale et culturelle et un animateur ?
- 4. Sur quels critères vous basez-vous pour évaluer les animations proposées ?
- 5. Réalisez-vous des activités en fonction des demandes des résidents ?

